Dictionnaire des idées reçues

J’ai relié le Dictionnaire des idées reçues en 2010, pour mon diplôme de BMA reliure dorure.   6 ans après, à l’occasion de sa vente, je décide de lui consacrer un article.

Ce dictionnaire est un condensé de préjugés et de lieux communs, collectés par Gustave Flaubert dès l’enfance. Il y travailla une grande partie de sa vie, même s’il demeura inachevé à sa mort.

Il s’agit ici de l’édition de Jean Aubier, parue en 1951, et illustrée par André Beaudin.

livre1

Je souhaitais que le lecteur soit actif dans son rapport avec le livre. J’ai donc imaginé un jeu de molettes pour solliciter le lecteur, comme une introduction à la démystification des préjugés. La palette de couleurs sombres rappelle que même si au premier abord on rit beaucoup, c’est souvent de l’humour noir.

J’ai choisi de faire une reliure à plats rapportés. Je peux ainsi préparer facilement les plats, puis les rattacher au livre au dernier moment, contrairement à une reliure traditionnelle, où les ficelles de couture unissent rapidement le livre et ses plats.

Le papier vergé de Rives assez fort, et le petit format (9 x 11 cm) impliquent un montage sur onglets pour conserver une bonne ouverture.

couture

Le cuir de couvrure en chèvre glacée est imprimé en deux passages à l’encre typographique, noire puis argent. J’utilise comme fond une photocopie de papier froissé, en référence au brouillon en mutation, et je reprends le lettrage de la couverture originelle  pour « DES IDÉES ».

cuir

Chaque plat est composé de deux épaisseurs de carton entre lesquelles vient se loger une plaque en plastique. Cette dernière est dorée au film noir et dotée d’un bouton pour la faire coulisser.

plaque

L’épaisseur de carton supérieure est ajourée à l’emplacement des lettres, selon un découpage géométrique qui rappelle les illustrations d’André Beaudin. Des mosaïques de papier argenté répondent à ces ouvertures.

dorure

Le livre fini…

flaubert

… rangé dans sa boite-tiroir, recouverte du même cuir.

flaubert

« Il faudrait (…) qu’une fois qu’on l’aurait lu on n’osât plus parler, de peur de dire naturellement une des phrases qui s’y trouvent » Lettre à Louise Colet, 16 décembre 1852.

4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. camille dit :

    super beau!!! quel boulot!!!

    Aimé par 1 personne

    1. yohanadoudoux dit :

      Merci, oui ça a été beaucoup de travail! 🙂

      J'aime

  2. Catherine DOUDOUX dit :

    Magnifique et inventif !

    Aimé par 1 personne

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